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Misères du sponsoring

On ne cesse de le raconter, le milieu du roman noir va mal, et cela des lustres que ta Tata te rapporte les mille et une combines imaginées par auteurs, éditeurs sinon certains festivals pour continuer de pouvoir croûter sans se remettre en cause ni s'interroger sur ce qu'ils font. Dernière innovation en date relevée par un neveu il y a quelques temps lors du dernier salon de Roissy-en-Brie : le sponsoring. Quelques-uns ont donc accepté de se mouiller avec des marques différentes pour une campagne de santé publique/privée comme c'est l'usage depuis le dernier gouvernement (en échange d'une forte somme en liquide). "L'idée géniale est de les montrer avec de l'eau. C'est totalement inattendu car on sait que ce n'est pas ce qu'ils préfèrent, et les gens verront bien que certains ne se lavent même pas les dents avec ça. D'où l'effet surprise sur le consommateur et un fort impact en terme de mémorisation de marque. Voir Mouloud Akkouche au Perrier par exemple, ce n'est pas rien : les gens en parlent entre eux, car ils sentent bien qu'une époque est sacrément tournée", confie l'un des responsables de la campagne de communication heureux de son bon coup et de cette première. Dores et déjà une autre campagne est envisagée avec des rouleaux de papier roses, pure ouate de cellulose : "Toutefois les négociations avec les auteurs sont compliquées. Il y en a qui se méprennent sur nos intentions et la raison pour laquelle on les a choisi". Mouloud Akkouche prescripteur d'eau ? Si on voit bien le produit sur l'image, reste à savoir si le consommateur va s'identifier à cette star des médias.
Alors que les salons et festivals du polar perdent en saveur (de moins en moins d'alcool (> on en a parlé ici), des débats toujours plus sans relief, des thrillers fadasses..., la boucle serait-elle bouclée avec cette campagne sur l'eau ? "Le polar, qui veut tout révéler, est adepte de la transparence. Quel meilleur autre produit que l'eau pour porter ses valeurs ?" suggère-t-on à l'agence de communication.
Ils sont trop forts ces publicitaires. Ils arrivent à faire dire n'importe quoi. Ta Tata est béate d'admiration.

C'est qui ?
(Ta Tata qui ne va plus en festival ne connaît pas).
En tout il n'a pas l'air réjoui d'être passé à l'eau
où alors il lui en faut une deuxième
pour digérer ce qui semble encombrer.

Mouloud Akkouche montre le produit

Catherine Diran

Sylvie Cohen

Pierre Hanot

Nadine Monfils a grandi depuis
qu'elle est passée à l'eau

Eric Yung

La même image, mais le chien regarde dans l'autre sens :
lui aussi cherche un endroit où éliminer


Mouloud n'a pas tenu longtemps.
Prochaine étape : le whisky dedans

Jacques Mondoloni qui
par ailleurs va interpréter Lawrence d'Arabie
dans un ballet, et travaille donc ses pointes en sandalettes

Mouloud Akkouche et Jean-Hugues Oppel : Polar Tour Printemps 2010

Mouloud Akkouche et Jean-Hugues Oppel las de l'effondrement des ventes de polars et des problèmes de distribution ont décidé de vendre leur propre production en camionnette. Une première dans le milieu du polar.

"Un soir en discutant avec Mouloud, on s'est souvenus quand on était gamins comme on était content d'entendre klaxonner le marchand de glaces qui arrivait dans la cité. Tout est parti de là", confesse Jean-Hugues. "Sitôt dit, sitôt fait on a déniché un camping-car, et on the road ! Ca nous change pas beaucoup des marathons de salons, faut dire."

Mouloud Akkouche se dit ravi : cet ex-animateur social a toujours voulu porter la culture dans les quartiers. "Bon, on se fait un peu chambrer : on me demande parfois des polars tomate salade oignon, mais on prend ça du bon côté", confie Mouloud qui n'a pas sa langue dans sa poche : "Je leur réponds dans ce cas là que je n'ai plus de boules vanille". Jean-Hugues s'est instauré quant à lui chauffeur (il a eu une formation il y a quelques temps avec un routier bulgare)... et vigile près du camion : "Y'a tout de même des jeunes interlopes. Faudrait voir à ce qu'ils ne nous piquent pas nos stocks pour les revendre plus chers", estime-t-il un peu utopiste.

Ils seront sans doute prochainement dans votre cité. Vous ne pourrez pas les manquer car leur klaxon a été composé sur du Bontempi à partir d'un morceau de Led Zep qu'affectionne Jean-Hugues. "Faut se mettre à la portée de la clientèle", explique Jean-Hugues, toujours de bon conseil. D'ailleurs le nom de leur petite entreprise n'est-elle pas "Zyva Larpo" ?
Bonne chance et bonne route à tous les deux !

[Reçu ça] Actualités de Sébastien Gendron

On peut toujours acheter un roman de Sébastien Gendron (qui se fait appeler Seb par ses groupies), l’un des espoirs de la jeune littérature noire française, en disant que ça ne mange pas de pain. Et quand on l’a lu, on se dit que, décidément, c’est du gâteau. Y a à bouffer. Seb (ou par extension ma cocotte, mon fait-tout comme l’appellent les plus intimes…), s’en est, dans sa grande sagesse, rendu compte. Alors, pour vivre (ce n’est pas avec les à-valoir d’éditeurs que l’on peut dignement croûter), Seb, une bonne pâte, a ouvert un magasin en prenant soin de rester dans la diégèse. Très fort.
D'aucun disent par ailleurs à la lecture de ses bouquins qu'il a un grain. Tout se tient.

[Que sont-ils devenus ?] Mouloud Akkouche se met à la lap dance

Ce n'est plus qu'une tendance, c'est une hécatombe : devant l'avarice des éditeurs et leur manque de soutien, face à une chute du lectorat et une crise de l'édition, les auteurs de polars pros sont contraints de trouver des alternatives (un dossier déjà traité ici maintes fois par ta Tata). Si certains s'essaient au mannequinat (Crifo), à la figuration de cinéma (Huet, Oppel), au commerce de tartine de fromage (Villard) ou autres petits boulots de cuisine (Raynal)... Mouloud Akkouche a trouvé pour sa part une voie originale : il prend des cours de lap dance.

"On m'a toujours dit que j'étais un peu le Huggy les bons tuyaux du polar français. Ca m'a fait réfléchir et du coup, le tuyau, je le prends maintenant à bras le corps. Depuis je prends des cours avec Marlène une animatrice culturelle stagiaire (voir photo ci-dessus) à la maison des associations de mon village du Lot, puis je répète dans mon jardin (photo ci-dessous)", confie-t-il.


"J'aurais bien fait le gogo boy car ça paie mieux, mais il est vrai que si j'ai le rythme dans le sang, à mon âge j'ai une moins bonne circulation. La lap dance, c'est peut-être moins risqué car je n'ai pas envie, dans le trou où j'habite, de devoir être évacué par hélicoptère pour un mouvement raté du pelvis en glissant les billets dans mon maillot léopard. Avec l'expérience on devient prudent et là au moins, avec la barre, j'ai quelque chose à quoi me raccrocher. Et sans compter que c'est une activité qui élève l'individu. On a tous envie de grimper même si l'ascenseur social n'est plus présent".

Si on peut déplorer une fois de plus le fait que la conjoncture éloigne les auteurs de leur vocation initiale, cela ne doit pas nous empêcher de souhaiter à Mouloud une réussite dans ses nouveaux projets.

Ne lâche pas la rampe, camarade !

[Que deviennent-ils ?] Thierry Crifo : nouvelle carrière dans le cabaret


Une photo et deux films émouvants car ils sont ceux d'une reconversion remarquablement réussie : Thierry Crifo se lance désormais dans le cabaret. La première exhibition a eu lieu lors de "La Nuit de la nouvelle", ce vendredi 4 juin dernier à St-Jean-de-Braye, soirée proposée par l'association Tu connais la nouvelle organisatrice de concours de nouvelles et d'interventions d'auteurs en ateliers d'écriture dans toute la région Centre.
Thierry Crifo qui serait "en attente d'un costume de scène composé avec des bananes" (*) a présenté sa première composition : "La vie en rose", réécrite en argot. Ce fut un triomphe et cette première expérience réussie le conforte dans ses nouveaux choix de vie.
Le monde du spectacle le titillait depuis longtemps. On en avait eu un exemple avec l'opération de lancement de La Crifada, qui n'a hélas connu qu'un succès d'estime, mais reste un souvenir douloureux pour l'auteur novateur. "J'étais peut-être trop en avance, une fois de plus... Mais je progresse, j'expérimente... et je me suis dit un matin : c'est pas le tout de la ramener ; il faut se faire entendre : j'ai fini par comprendre que la chanson était encore le meilleur moyen ; il suffit de brailler un peu. C'est pas très compliqué finalement".


Il se murmure que dans son répertoire il y aura une version de "Tata Yoyo" en tchétchène ("du subversif ; c'est de la bombe") et "Senior Météo" dont les droits seront reversés aux victimes du réchauffement climatique. "Tous les chanteurs ont une cause, moi c'est les pingouins", ajoute avec pudeur le nouveau chanteur qui avait un moment pensé à aider les phoques, mais craignait que cela soit ambigu avec son image d'homme à femmes du polar : "Vous savez comment sont les gens. Un rien pour ricaner et j'entends déjà les calembours foireux ; tout cela ne m'aurait pas correspondu. J'ai toujours eu une certaine exigence".
Autre projet dans les cartons : "Peut-être un groupe si le cabaret solo ne prend pas : Crifo et ses Crifettes, mais on me dit que le pantalon moulant blanc brodé pattes d'eph' ne m'ira pas forcément, que ce serait une rupture trop brutale en terme de look. Surtout qu'avec, il n'y a que le peroxydé mini-vague qui conviendrait...".











(*) "Je ne vous en dis pas plus : c'est un hommage à une grande chanteuse et danseuse que j'ai bien connue à mes débuts dans le polar. Une tenue qui, par ailleurs, viendra confirmer une certaine rumeur sur mon compte qui circule dans les milieux féminins".

Patrick Raynal partage sa technique

Les revenus des auteurs diminuant depuis quelques années, il leur faut trouver de nouveaux moyens de subsistance. Toujours à la pointe de l'innovation, Patrick Raynal s'est lancé dans le "writer's live show performance extrem hardcore". En quoi ça consiste ? C'est une forme soudaine "d'intervention artistique créative et démonstrative" en salon, lors de laquelle l'écrivain montre, sans fard, comment il travaille, dans un souci de partage des "techniques accessibles à chacun".
Sur l'image suivante prise par Claude, un neveu de ta Tata hier 23 mai à Penmarc'h Patrick faisait une démonstration de sa méthode d'inspiration. "J'ouvre un bouquin, je lis quelques lignes, puis je le pose, et je me concentre, les yeux fermés. Ca vient vite", confie-t-il. "Il y a hélas après un effet bouche pâteuse, mais on s'accoutume. Faire avancer le schmilblick est à ce prix. Enfin, quand je demande des a-valoirs à des éditeurs ou des crédits aux banquiers, certains rechignent car forcément, ils se fient aux apparences et me disent que ce n'est pas du boulot. Mais sans doute est-ce d'avant-garde ; les mentalités finiront bien par évoluer".

Des débouchés pour les polars français invendus

Alors que ça pilonne sec en ce moment dans les maisons d'édition, l'écrivain Pierre Jourde écrit un texte sur le Bibliobs qui traite de la machine à broyer les livres, et de ce qu'on fait du papier récupéré... En fait, c'est recyclé, notamment en cartons à pizzas. Comme quoi rien n'est perdu, et bien des auteurs qui se plaignent de ne pas entrer dans les foyers ont tort : ils y pénètrent en moins de 30 minutes, et en plus par porteur spécial. Alors, de quoi se plaint-on ? 

Cette quatre fromage est offerte en accompagnement d'au moins 4 polars (d'après nos derniers bruits de couloirs)  : un côté Mizio, un côté Reboux. Le fond est composé d'un tirage trop élevé de Chattam et le couvercle est extrait d'un série complète d'une collection passée inaperçue du Masque.