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Tristes effets de l'abus de lecture de romans noirs

Encore une victime tombée sur l'autel du roman noir : François Braud, écrivain, ex-éditeur (La Loupiote), critique de polars, organisateur du mythique festival de La Roche-sur-Yon.
Des sources convergentes viennent d'apprendre à ta Tata qu'à force de lire des polars avec des flics corrompus, la mafia, le monde en déliquescence, les politiciens véreux, et l'extrême droite à chaque coin de rue "c'est terrible, il voit le mal caché partout". Pour preuve cette affiche où il croit distinguer le mot "führer" ; une photo qu'il aurait fait prendre pour démontrer sa théorie et surtout débloquer de l'argent de la part d'un éditeur afin de le persuader "de mener une relecture attentive du dictionnaire de Mesplède" et d'écrire un essai enflammé à son propos. Son ambition serait de "noircir soit des voyelles soit des consonnes dans les articles pour voir s'il n'y a pas de messages cryptés. J'irai jusqu'à le lire à l'envers comme les disques de hard rock sataniques pour prouver au monde que j'ai raison".
On a du mal à croire que Claude Mesplède, dont la ligne politique et l'intégrité ont toujours été claires, se soit livré à un tel travail qui relève de l'obscure entreprise crypto-kabbaliste. Mais François Braud n'en démord pas et aime à chantonner : "Attention, Claude est sympa et attirant, mais, mais mais.... méfiez-vous c'est peut-être un truand !"
Si le traitement prescrit à Braud reste sans effet, et s'il venait d'ici quelques années à prouver ses théories, alors c'est toute l'histoire secrète du polar qui restera à réécrire. Qui sait ce qu'il se cache dans les enquêtes de L'inspecteur Canardo d'Olivier Mau ?
On en frémit.

[ Reçu ça] Une découverte archéologique permet d'évaluer l'antériorité du polar


Un des neveux de la tata vient d'avoir une intense et surprenante révélation. En visitant une chapelle bretonne, il s'est aperçu (voir photos) que Jean-Hugues Oppel existait déjà au Moyen-Âge. Les résultantes d'une telle donnée bouleversent le monde du polar et notamment Claude Mesplède qui voit le champ de ses recherches grandir considérablement. Et, donc, depuis longtemps, il aurait fallu que les thuriféraires de 813 se lançassent profondément dans l'Histoire de l'Art.

Histoire secrète du polar français (3) : Pouy, les années mystérieuses


Beaucoup se demandent ce qu’a bien pu faire maître Vergès pendant les quelques années où il a disparu corps et biens. Même problème pour Jean-Bernard Pouy qui, juste après 68, a également six mois de vide opaque dans sa biographie. Les archives d’Hanoï viennent de nous donner de quoi alimenter les gazettes pendant un bon moment. Le papi du polar a combattu, auprès des armées démocratiques du Nord Vietnam, l’hydre américain fascisto-colonisateur. Comme simple bodoï, on peut le vérifier sur cette photo où il fait un signe fatigué de victoire, car il vient d’échapper, par miracle, au bombardement et à la napalmisation de sa bicoque, non loin de Hué.

Histoire secrète du polar français (2) : violentes négociations autour du Poulpe chez Baleine

Ta Tata vient de se procurer des photographies qui sont une véritable bombe, et révèlent dans quelle climat se fait le méga big business du polar français, qui aiguise tant de cupides appétits eu égard aux pactoles en jeu.

La scène se passe début novembre 2008 dans les bureaux des Editions Baleine qui viennent d'être rachetées depuis quelques mois par Jean-François Platet et sont encore en plein travaux d'aménagement. Il s'agit de peaufiner la programmation secrète des nouveaux Poulpe et d'annoncer à Jean-Bernard Pouy que Stéfanie Delestré deviendra la directrice de collection, commissionnée de façon très habile à taux progressif augmentant à chaque palier de 100 000 exemplaires vendus.

Au début tout se passe bien, et l'entretien est cordial. Mais, soudain, Jean-Bernard Pouy -qui vient de s'acheter à côté de chez BHL une villa dans la Médina à Marrakech et a beaucoup de travaux imprévus à y réaliser-, pète les plombs et "veut de la fraîche" -soit sa part de gâteau sur les fortunes annuelles issues du Poulpe ; sommes faramineuses qui vont lui échapper...

Il se lève, dégaine la matraque qui ne le quitte jamais pour négocier ses contrats et hurle "touche pas au grisbi, salope!". Il s'apprête à faire un massacre... (Rappelons que nombre d'éditeurs ayant travaillé avec Pouy ont disparu sans qu'on ne retrouve les corps).
Heureusement, après sa Flag rapidement avalée, Platet intervient et parvient, on le voit, heureusement, à maîtriser le cupide forcené...

Histoire secrète du polar français (1) : A la recherche de nouvelles substances

Dans les années 90, un sévère constat fut établi : le polar, le néo polar et le roman noir s'essoufflaient. Archétypes usés, clichés, marronniers... s'en était trop et on risquait de lasser le lectorat.
Quelques auteurs et acteurs majeurs du milieu se réunirent pour tenter de trouver des solutions et lutter contre ce qu'on appelait alors "la marée blanche" : à savoir, les tentatives d'étouffement du genre par la littérature générale.
Après plusieurs réunions de remue-méninges, un groupe de travail nommé "Comité pour un nouveau polar français" (CNPF) parvint à la conclusion qu'il fallait trouver de "nouvelles substances". Soient :
1) nouvelle substance romanesque ("penser global, écrire local"),
2) nouvelles substances prohibées (qui auraient été prétextes à des trafics, pour alimenter les intrigues),
3) nouvelles substances à absorber pour stimuler leur créativité.

Il fut décidé en un premier temps de se focaliser d'urgence sur les deux derniers points.

C'est ainsi que le CNPF Toulouse se réunit un soir chez Pascal Dessaint pour une première approche expérimentale en mélangeant :
- 1/4 Côtes du Frontonnais
- 1/4 AOVDQS de Lavilledieu, encépagé de Négrette
- 1/4 Rhum cubain
- 1/4 Whisky.
Le tout devant se prendre avec des capsules de Cosmix Banditos, une amphétamine coupe-faim trouvée dans un bureau-cave à St Germain des Prés (Paris), et ainsi composée : C3H5(NO3)3 + 3H2O.

L'expérience fut, loin s'en faut, guère concluante, même si les analystes estiment que près de vingt plus tard on en relève quelques conséquences :
- Maurice G. Dantec commença à voir apparaître des matrices schyzoïdes quelques mois après. On dit que cela continue d'empirer depuis sa vision d'une colonne de lumière et d'une voix grondant dans le ciel.
- Pascal Dessaint s'est mis à voir le noir en vert, puis à se déclarer locavore (consommation principale de Fer-Servadou, un vin du coin).
- Claude Mesplède a commencé à ne plus supporter que l'ombre, au prix d'une sinistre réputation récupérée depuis par les médias.
- Ida Mesplède a vu sa chevelure virer brusquement au rouge acajou.
Seul, Patrick Raynal résista (à droite avec les lunettes lollypop façon manager de Nicolas Peyrac qu'il essayait alors d'imposer dans le milieu) : sans doute une question de volume sanguin et d'une certaine mythridatisation. Cela étant, dans les mois qui suivirent on le vit prendre des sucrettes, mais là aussi, comme dans sa volonté de créer la mode lollypop : il ne connut aucun résultat notable.

Le projet fut donc abandonné.

(A suivre).