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Les stratégies gagnantes du polar français

Afin de contrer la vague nordique, des auteurs éminents du polar français ont trouvé la riposte : vu cette année dans un salon parisien... Dans le polar français, on a pas de gros tirages, mais on a des idées.





Un transformiste aux "Terrasses du polar"

Ta Tata a tellement de tricot de retard à l'approche de l'hiver qu'elle te délaisse un peu. Mais ça reviendra, car elle a reçu des nouveautés de la part de quelques neveux. Voici un courriel de mon neveu Joseph Incardona qui, on va le voir, n'est plus lui-même et n'a plus toute sa tête.

Jaloux de la nomination de Romain Slocombe au prix Goncourt, je me substitué à son stand durant son absence. Surprise : je n'ai signé aucun livre :

Du coup, j'ai enchaîné dans la peau de Laurence Biberfeld :


Puis de Jean-Hugues Oppel (old fashion) ;



... de Patrick Raynal :


de Stéphane Michaka :





... et enfin de Marie Vindy :



... En vain. Les Terrasses du polar étaient désertes ce dimanche 25 septembre...

Mouloud Akkouche et Jean-Hugues Oppel : Polar Tour Printemps 2010

Mouloud Akkouche et Jean-Hugues Oppel las de l'effondrement des ventes de polars et des problèmes de distribution ont décidé de vendre leur propre production en camionnette. Une première dans le milieu du polar.

"Un soir en discutant avec Mouloud, on s'est souvenus quand on était gamins comme on était content d'entendre klaxonner le marchand de glaces qui arrivait dans la cité. Tout est parti de là", confesse Jean-Hugues. "Sitôt dit, sitôt fait on a déniché un camping-car, et on the road ! Ca nous change pas beaucoup des marathons de salons, faut dire."

Mouloud Akkouche se dit ravi : cet ex-animateur social a toujours voulu porter la culture dans les quartiers. "Bon, on se fait un peu chambrer : on me demande parfois des polars tomate salade oignon, mais on prend ça du bon côté", confie Mouloud qui n'a pas sa langue dans sa poche : "Je leur réponds dans ce cas là que je n'ai plus de boules vanille". Jean-Hugues s'est instauré quant à lui chauffeur (il a eu une formation il y a quelques temps avec un routier bulgare)... et vigile près du camion : "Y'a tout de même des jeunes interlopes. Faudrait voir à ce qu'ils ne nous piquent pas nos stocks pour les revendre plus chers", estime-t-il un peu utopiste.

Ils seront sans doute prochainement dans votre cité. Vous ne pourrez pas les manquer car leur klaxon a été composé sur du Bontempi à partir d'un morceau de Led Zep qu'affectionne Jean-Hugues. "Faut se mettre à la portée de la clientèle", explique Jean-Hugues, toujours de bon conseil. D'ailleurs le nom de leur petite entreprise n'est-elle pas "Zyva Larpo" ?
Bonne chance et bonne route à tous les deux !

[Que sont-ils devenus ?] Mouloud Akkouche se met à la lap dance

Ce n'est plus qu'une tendance, c'est une hécatombe : devant l'avarice des éditeurs et leur manque de soutien, face à une chute du lectorat et une crise de l'édition, les auteurs de polars pros sont contraints de trouver des alternatives (un dossier déjà traité ici maintes fois par ta Tata). Si certains s'essaient au mannequinat (Crifo), à la figuration de cinéma (Huet, Oppel), au commerce de tartine de fromage (Villard) ou autres petits boulots de cuisine (Raynal)... Mouloud Akkouche a trouvé pour sa part une voie originale : il prend des cours de lap dance.

"On m'a toujours dit que j'étais un peu le Huggy les bons tuyaux du polar français. Ca m'a fait réfléchir et du coup, le tuyau, je le prends maintenant à bras le corps. Depuis je prends des cours avec Marlène une animatrice culturelle stagiaire (voir photo ci-dessus) à la maison des associations de mon village du Lot, puis je répète dans mon jardin (photo ci-dessous)", confie-t-il.


"J'aurais bien fait le gogo boy car ça paie mieux, mais il est vrai que si j'ai le rythme dans le sang, à mon âge j'ai une moins bonne circulation. La lap dance, c'est peut-être moins risqué car je n'ai pas envie, dans le trou où j'habite, de devoir être évacué par hélicoptère pour un mouvement raté du pelvis en glissant les billets dans mon maillot léopard. Avec l'expérience on devient prudent et là au moins, avec la barre, j'ai quelque chose à quoi me raccrocher. Et sans compter que c'est une activité qui élève l'individu. On a tous envie de grimper même si l'ascenseur social n'est plus présent".

Si on peut déplorer une fois de plus le fait que la conjoncture éloigne les auteurs de leur vocation initiale, cela ne doit pas nous empêcher de souhaiter à Mouloud une réussite dans ses nouveaux projets.

Ne lâche pas la rampe, camarade !

Festival de Lamballe : la séquence émotion-mystère

Afin de remercier Jean-Hugues Oppel de ses 13 années d'assiduité au Festival de Lamballe (ce qui fait de lui un des meubles les plus remarqués de la salle des fêtes), l'équipe d'Alain Le Flohic a offert à l'auteur de "Chaton, trilogie", grand amateur de chats (qui on le dit est l'animal favori des écrivains buveurs de thé *) ... un objet des plus curieux.
Tout s'est passé très vite : le neveu de ta Tata alors présent n'a même pas pu voir distinctement en quoi consistait le cadeau, car le Jean-Hugues sous ses aspects de biker rock n'roll et AC/DC est un grand sensible qui a laissé poindre une visible émotion... et s'est vite enfui.
Même un examen méticuleux des photos ne permet pas de déterminer ce que Jean-Hugues Oppel a gagné :
- Est-ce un chat écrasé par une grosse cylindrée ?,
- Est-ce une peluche en forme de chat ?,
- Est-ce une peau de chat gris ? (**),
- Est-ce un véritable chaton piqué au formol (ou anesthésié, pour qu'il reste sur son coussin lors de la cérémonie ?),
- Est-ce une moumoute pour futur chauve polardeux (rappelons que c'est tendance, voir billet précédent).
Bredouillant quelques explications touchantes et compliquées, frôlant le lacrymal, Jean-Hugues s'est enfui dans un écran de fumée (de Havane) sans que l'on sache précisément de ce dont il s'agissait. Ce fut un des grands mystères de ce festival...

Espérons en tout cas que cela lui fera usage, sinon que cela sera coordonné à ses gants de moto fourrés.

Fabienne et Alain expliquent
que Jean-Hugues a mangé 13 fois du far
et que cette performance mérite d'être saluée

Sortant la chose du sac. C'est quoi ce truc ?

Bon sang, un chat mort ! Est-ce prophylactique ?

Vite, ouvrez la fenêtre !

(*) Jean-Hugues ne boit pas de thé, mais une boisson maltée qui en a la couleur. Rappelons que c'est un écrivain de polar.
(**) A la différence de la peau de chagrin, la peau de chat gris est un talisman marabouté qui grossit au fil du temps. Oppel va être bien emmerdé avec ça dans quelques mois.

[Chauve qui peut 2/3] La collection de crânes de polardeux de Jean-Bernard Pouy

Suite du dossier sur la calvitophilie frénétique de Pouy. Voici en exclusivité quelques photos déclassifiées de sa collection privée :

Alain Le Flohic (Président de la Fureur du Noir)

Marc Villard (Président des Habits Noirs)

Claude Mesplède (Présidant au dictionnaire ; faut attendre un peu)

Joseph Incardona (Président en Suisse)

Michel Chevron (Président de Citroën)

Jean-Paul Jody (Président dis donc, là dis donc)

Jean-Hugues Oppel (Président de nos gens sur Marne)

(Il manque entre autres Patrick Raynal, Gérard Alle et Philippe Huet, mais ceux-ci exigent des droits d'hauteur pour les photos du sommet de leur crâne).

Prochain billet : comment les polardeux pensent contrer la fascination de Pouy pour les chauves.

Joseph Incardona demande l'asile politique au polar français

Ta Tata bouleversée vient de recevoir cet appel au secours de Joseph Incardona, auteur genevois, passé clandestinement dans une boîte de chocolat (le message, pas l'auteur) * :

"A la suite de l'énième vote xénophobe et helvète (encore cette cassure entre cantons alémaniques et francophones, nous allons finir comme les Belges), je souhaiterais profiter du site de Tata (je sais que ses lecteurs peuvent faire preuve de générosité dans des cas extrêmes comme celui-ci) afin que quelqu'un vienne emporter ma roulotte (voir photo) car :
1) Je demande l'asile politique.

2) Je n'ai pas de 4X4 pour la déplacer. Le Var (je pense notamment au terrain de Laurence Biberfeld), Nogent sur Marne (celui de J.-H. Oppel) ou toute autre surface plane en mesure d'accueillir ma famille sera la bienvenue.
Je te joins également la photo de 3 mains de voleurs aliens coupées et affichées aux passants en guise d'exemple dans le canton de Obwald (Suisse profonde). Les aliens ont été renvoyés sur leur planète ce matin à 7h".

(*) Vous pouvez, vous aussi, envoyer des étrennes à Tata. Pensez-y. D'ailleurs c'est un ordre.

Nostalgie de la Loupiote


Cette photo prise à Mauves-sur-Loire l'an dernier dégage une certaine nostalgie. On y retrouve des auteurs de la mythique et tôt défunte maison d'édition de La Loupiote qui fut pourtant un vivier formidable. Mais voilà, les destinées en ont décidé autrement....
Dans l'ordre de gauche à droite : Pascal Dessaint, auteur jadis prometteur, est maintenant champion de billard à Auxerre (Yonne), François Braud, l'éditeur fait désormais dans le combiné nordique (ce qui lui permet enfin d'atteindre des sommets), Jean-Hugues Oppel (à droite, le barbu qui tient son analyse d'urine) est maintenant SDF et Marc Villard fait de la politique au Vietnam.
La pépinière créative de La Loupiote était porteuse d'espoir. Mais non... : le roman noir français n'aura hélas jamais bénéficié de leur talent...

[Reçu ça] Moment d'émotion

Un des neveux de ta Tata a surpris Stéfanie Delestré, une bière à la main, en pleine admiration de son Dieu vivant, Lemmy, chanteur/bassiste de Motörhead (*). Elle a enfin réussi un de ses rêves d'enfance : approcher son modèle en toute simplicité.
Cliquer sur l'image pour agrandir.

(*) car il ne s'agit pas de Jean-Hugues Oppel, ni de Michel Leydier.

Le festival du Havre : une nouvelle dynamique francophone ?

Le festival Ancres Noires 2010 a été le lieu d'un mouvement important d'artistes pour le pays. Réagissant aux nombreux articles récents de la presse étrangère qui se gausse d'une prétendue déchéance culturelle, intellectuelle et linguistique que nous connaîtrions, le groupe des 13, sous l'étiquette des "Papilles de la nation" (*) a voulu montrer haut et fort que la langue française était toujours aussi active et tonique.
L'affiche ci-dessous a plu au ministère de la Culture quelque peu en panne d'imagination et de campagnes originales, car elle porte "un message clair que tous les élèves d'aujourd'hui peuvent comprendre". Elle sera donc distribuée dans tous les établissements scolaires dès la rentrée (ainsi que dans les pharmacies et hôpitaux psychiatriques, avec un slogan différent il est vrai selon le public concerné. La ministre de la Santé en ayant paraît-il déjà commandé plusieurs millions).
Le porte-parole du mouvement, Pierre Hanot estime que cette opération de type United Colors of heads and tongues devrait porter ses fruits : "Nous affirmons que loin de tout académisme, la langue française vit, bouge, elle évolue, mute. Enfin, surtout en sortant de table, elle est forte, diverse, plurielle, multiple ! J'oserais même dire : beurk blanc beurre ! "

Cliquer sur l'affiche pour agrandir.
(*) Le premier projet de nom, "Les amis d'Al", n'a pas été retenu car trop éloigné de la cause, même si l'allusion à Capone, et donc la littérature noire, était évident.
Une autre version du neveu de ta Tata qui nous a envoyé ces images dit plus prosaïquement qu'elles auraient été prises "à la suite de l'épreuve traditionnelle entre auteurs du plus gros mangeur de bulots. Tous atteints du syndrome de Quincke, ils auraient dû compléter leur dossier médical d'une photographie avant de filer d'urgence vers le CHU."

[ Reçu ça] Une découverte archéologique permet d'évaluer l'antériorité du polar


Un des neveux de la tata vient d'avoir une intense et surprenante révélation. En visitant une chapelle bretonne, il s'est aperçu (voir photos) que Jean-Hugues Oppel existait déjà au Moyen-Âge. Les résultantes d'une telle donnée bouleversent le monde du polar et notamment Claude Mesplède qui voit le champ de ses recherches grandir considérablement. Et, donc, depuis longtemps, il aurait fallu que les thuriféraires de 813 se lançassent profondément dans l'Histoire de l'Art.

Tous frappés dans le polar ?

Ta Tata a reçu ci-dessus la carte de voeux de l'équipe de la médiathèque de Pordic, qui comprend "La Noiraude", fonds de nouvelles noires par ailleurs impliqué dans le festival "Noir sur la Ville" de Lamballe.
Rappelons que ces gens seraient les derniers bastions du service public culturel. On est bien barrés et quand on voit ce qu'on voit, qu'on sait ce qu'on sait, qu'on lit ce qu'on lit, qu'on entend ce qu'on entend, hé bien, on a raison de penser ce qu'on pense.
Le texte qui accompagnait cette photographie version polar-domina-rock n'roll :
"La Noiraude vous souhaite ses bons voeux pour 2010. Son équipe est en pleine forme depuis qu'elle a reçu le Radis Noir 2009, la plus haute distinction en matière de Littérature Noire et Policière. Ouais, c'est bien ce truc que David exhibe fièrement sur la photo. A bientôt sur les routes du polar !
Frédéric, Manuel, David, Solène et Pascale"


NB : Le "Radis Noir 2009", d'après une superbe idée de Sylvie Rouch, a été remis à l'équipe par divers auteurs (Pouy, Oppel, Rouch, Mizio, Villard...) lors de l'anniversaire de la Noiraude, en 2009, il y a un siècle...
NB 2 : La peau de vache sous laquelle s'affuble Prilleux, DTM (directeur tyrannique de médiathèque) serait un symbole de ses méthodes managériales de droit divin, d'après une source au sein de l'équipe ; laquelle préfère rester anonyme car il y a du chômage dans le pays.

Mot d'ordre : Le Bard t'abats !

Le PAN ! (Plus d’Auteurs Noirs !), dangereuse fraction radicale du MODEN (Mouvement Organique pour la Destruction et l’Eradication du Noir), a encore frappé. Après Dominique Manotti, Jean-Hugues Oppel, Thierry Jonquet et Jean-Bernard Pouy, c’est au tour de Patrick Bard d’avoir été frappé par ce que le PAN ! a encore fait passer pour un « accident ». Son scooter, sur lequel il voguait paisiblement, a été sauvagement percuté par une bagnole. Plus de peur que de mal, quelques bobos, de légers traumatismes et le 2 roues chez le réparateur pendant quinze jours.
Ta Tata, qui en a marre des agissements aveugles et cyniques de cette clique irresponsable de spadassins (sans doute) à la solde de la littérature transparente, va sérieusement se mettre à enquêter en activant ses réseaux. Que les tueurs du PAN ! se méfient. Ça va leur retomber en plein dans la tronche. La riposte peut être terrible, voire gavaldisante.

Photo : Patrick Bard a depuis adapté son scooter de façon à ce qu'on puisse lui couper la route sans aucun risque.

Oppel : à fond la forme !

Jean-Hugues Oppel va mieux et on s'en réjouira ! Ta Tata a pu le constater mardi 16 juin in the heat of the night, lors de la fête organisée par Les Contrebandiers Editeurs pour la sortie du 4e numéro de la revue de folies littéraires, Teckel... Mais c'est un Oppel qui nous revient quelque peu changé...
"Après mon accident à Orléans (*) en allant voir le concert de Status Quo, j'ai fait un véritable travail d'introspection. Le métal, j'ai failli resté coincé dedans. Du coup, je n'écoute plus que du heavy folk vendéen au fifre... Une nouvelle passion qui va bien avec mon traitement au muscadet par voie orale" (voir photo). Autre révélation étonnante : son engagement pour la pratique de la bicyclette de location : "J'ai en effet accepté d'être le mannequin officiel pour la promotion du Vélib'. C'est mon côté motard repenti. Et puis au moins si Miroslav se repointe, avec un vélo fichu comme ça, nous serons cette fois à armes égales".
Quoiqu'il en soit, le retour de Jean-Hugues aux affaires, littéraires ou non, est une bonne nouvelle et tant pis si certains fâcheux trouvent qu'Oppel, c'est la barbe. Ta Tata, elle, le trouve au poil.

(*) Un certain Miroslav, travailleur de l'Est (dont on savait qu'il faut se méfier depuis la libéralisation du marché européen) au volant de son 3455 tonnes en percutant la voiture d'Oppel par derrière a diminué le taux d'occupation de la chaussée par celle-ci d'environ 75%. Jean-Hugues était plié entre la boîte à gants et le petit sapin parfumé à l'anis. Cette capacité à mettre tant de volume dans si peu d'espace est d'ailleurs en cours d'homologation au Guiness Book.

Premier cas de protection magique dans le polar français


Ayant appris que Jean-Hugues Oppel (un auteur de thrillers détracteur de ta Tata qui le choque) avait été victime d'un accident de la route (il s'est fait plier, il y a quelques mois sa voiture en deux -ainsi que quelques cotes- par un routier slovène -ou ce genre venu de l'Est- en se rendant à un concert de Led Zep, voir l'article "crash tests"), Jean-Bernard Pouy pour qui la tonicité du polar français est une véritable raison d'être, a décidé de prendre les choses en main. Il se confie volontiers, en espérant être suivi dans cette démarche : "J'ai tout essayé : la vinothérapie, le feng-je-penche-donc-je-shui, les tarots, les mantras, les amulettes vaudous, les pyramides californiennes en fil de fer pour attirer les ondes positives... Je ne trouvais rien dans une perspective de développement durable qui puisse façon aussi new age holistique que post-humaine aider depuis l'ami Oppel à revenir dans la pensée positive. Je sortais justement d'un stage de cyber-chamanisme appliqué à la conjoncture post moderne quand j'ai appris qu'on avait failli n'avoir plus qu'un demi Oppel -un type qu'on apprécie pourtant pour le fait qu'il soit plutôt entier. Heureusement, Jean-Hugues a bien voulu se prêter à mon traitement prévento-curatif".
Le geste auquel se livre Pouy (ci-dessus) est une adaptation au monde moderne des gestes traditionnels transmis depuis des siècles entre chamanes dans les steppes de kourkhousisthan septentrional : "Les hommes médecines posaient des sortes d'antennes virtuelles en relation avec les mauvais esprits de la taïga, tant pour s'en défier que pour soigner leurs méfaits. En changeant les incantations pour en prendre issues du Code Rousseau, je peux désormais brancher Jean-Hugues sur les démons de la route. Désormais, il fonctionnera comme un GPS (+ détection de radars) et saura qui vient de droite, de gauche, devant ou surtout derrière où ça peut être très douloureux. Si je l'avais traité plus tôt, son tchéco-roumain ne lui aurait pas ramené la plage arrière de sa voiture dans la boîte à gants".
Jean-Hugues déclare n'avoir pas souffert durant cette opération réputée pourtant pour être délicate (un faux mouvement peut griller des neurones qu'on ne reconstituerait péniblement qu'après un régime à base de cornichons marinés) : "J'espère que ça marchera. Le seul truc que j'ai senti passer, c'est en fait le prix de la séance. Pouy n'est vraiment pas donné : il a voulu que je lui donne en paiement douzes vierges hongroises et une datcha près de Moscou. Ce sont des paperasses à n'en plus finir : pire que mon constat à l'amiable avec le Bulgare".

Jean-Paul Jody, inventeur de la valise à roulettes télécommandable pour écrivains


C'est lors du dernier festival rue des Livres de Rennes que Jean-Paul Jody a révélé sa dernière invention qui on l'espère lui fera quelque fond de caisse en attendant le versement de ses droits d'auteur en 2034 : "C'est la première valise à roulettes télécommandable !" (cliquez sur l'image pour voir l'invention en plus grand). "Je me suis dit que si la valise s'était affranchie depuis longtemps du fait d'être portée, elle pouvait l'être du fait d'être tirée, voir de se passer complètement de son utilisateur et faire les déplacements avec ou sans lui. C'est la deuxième génération, en somme".
Le modèle présenté ici, du nom de prototype "R2D2" (R2 pour "2 roulettes" et D2 pour "double usage"), se dirige pour la démonstration vers Pascal Millet dans le cadre de l'usage de la fonction low level.
"Il y a en effet un double usage. Premièrement, avec la télécommande, je fais marche avant, arrière, sur les côtés et le bouton "jump" la fait sauter directement dans le coffre. En second point, la valise -lorsqu'elle sent que sa batterie est proche de zéro (low level)- m'envoie un SMS pour que je déclenche la fonction manuelle. A ce moment, j'appuie sur "scan", puis sur le bouton "catch" et elle chope la première personne dans les parages pour être portée. En général, ça amuse les gens et ils ne renâclent pas. Je me suis même fait des amis ainsi et pourtant elle est lourde". Jean-Paul Jody convient qu'il y en a hélas qui parfois s'incrustent et qu'il a fallu "les virer à coups de pompe de ma piaule ou leur donner un pourboire en pièce jaune".
Une formule en tout cas très séduisante à l'heure où les écrivains en voie de paupérisation sont contraints de se déplacer toujours plus de salon en salon pour pouvoir économiser un loyer, du savon et des repas chauds. "Avec ma valise, moyennant un investissement modeste, on peut faire du nomadisme littéraire efficace et récupérer une partie de nos impôts en vivant de subventions culturelles, ce qui amortit rapidement l'acquisition. Pour la recharger, on se branche n'importe où, sans payer bien sûr, car faut pas déconner non plus. J'insiste enfin sur le fait que ma valise ne pollue pas et qu'elle est d'un coût carbone inférieur à un cigare de Jean-Hugues Oppel."
Vu l'accueil enthousiaste réservé à son prototype, Jean-Paul Jody se prend déjà à faire des projets et de la recherche et développement : "Sur le même principe, je songe à un vanity case pour le fameux polar féminin et à un casier à bouteilles pour certains confrères qui, à mon avis, seront demandeurs. Enfin, comme ça vieillit de plus en plus dans le polar, je vais aussi proposer une télécommande à grosses touches. Il ne s'agirait pas qu'un bigleux sous tremblote nous fasse un carnage dans une foule de festival en perdant le contrôle de sa valise à roulettes".

[DEFENSE DU CONSOMMATEUR] Le résultat de nos crash tests est formel : le polar français résiste mieux que l'américain

On sait que notre perception de la réalité dépend pour beaucoup des faits qui nous sont rapportés. Comme le rapporte Claude Mesplède, l'année 2008 fut vraiment noire.

Au sein de la sous-commission "défense des consommateurs" de Tata Rapporteuse Editions l'équipe s'est demandé si nous devions craindre la même chose, crise aidant, dans le polar français. En d'autres termes, le polar français, que l'on sait depuis toujours peu ou prou inféodé à l'américain et se trouve donc en situation de faiblesse plus marquée, va-t-il connaître lui aussi une série noire en 2009 ? (en excluant les décès naturels, même si bien regrettables).
Seul moyen de le savoir : soumettre des auteurs en vue à des crash tests, comme chez Ikéa lorsqu'ils mettent des chaises sous les coups de boutoirs de robots obtus pour nous assurer qu'on peut sauter 3 600 fois dessus par jour durant 7 ans, dès lors qu'on a compris la notice pour les monter.

Dans ce cadre, ces derniers mois, 4 auteurs ont accepté de se prêter à l'expérience sous le nom de code "La Bande à Velpeau" :
- Claude Mesplède, en voiture. C'est le premier. Claude a toujours été à la pointe de ce qui se passe dans le polar et il a ouvert la voie. Il est même sorti de la chaussée.
- Dominique Manotti, à cheval. Le polar américain et les récits de western ont souvent été liés. Dominique a proposé de chuter de cheval afin de rappeler ces liens de façon originale.
- Jean-Hugues Oppel "à la Bulgare". Conscient que les enjeux viennent des mafias de l'Est, il a tenté une intéressante expérience de raccourcissement de 50 % de sa R5 par l'arrière avec la collaboration d'un certain Miroslav, routier endormi au volant d'un poids lourd. A la différence de quelques ex-taulards devenus auteurs, Jean-Hugues restera depuis dans les mémoires comme le seul désincarcéré sans être allé en prison.
- Jean-Bernard Pouy, toujours décalé dans son approche, "à la Tex Avery", la semaine dernière en se soumettant au test du sac de 25 kg de plâtre qui tombe de l'échafaudage subitement sur les épaules.

Tous ont passé ces crash tests avec réussite et se sont remis de l'expérience, comme en témoignent nos statistiques :


De fait, nous pouvons vous confirmer que le polar français tient le coup. Il n'a rien à envier à l'américain. C'est du bon. C'est du costaud. Vous pouvez avoir confiance, ça vous fera de l'usage.


Des crash tests sont envisagés avec des libraires et bibliothécaires, ainsi que des festivaliers et bénévoles d'association. Si vous êtes dans ce cas, soumettez votre candidature à Tata Rapporteuse, sous commission défense du consommateur qui vous écrira pour participer à une première sélection. Les éditeurs sont exclus du crash test : ils sont déjà trop fragiles, sinon à la ramasse.
Aidez-nous dans nos tests : il est important de savoir comment on peut considérer l'avenir dans une conjoncture qui hélas s'annonce difficile pour les années à venir. Le temps du futile, du jetable, de la consommation désinvolte est terminé : le consommateur, et celui de polars comme les autres, a droit lui aussi à du durable.

Debriefing inauguration du salon du livre de Paris (3)

Sur la fin de soirée sur le stand Rivages où il ne restait plus que quelques miettes de chips (une confirmation que les ventes d'Ellroy baissent ?) ta Tata a croisé Eric Halphen et Jean-Hugues Oppel en grande discussion. Eric Halphen s'interrogeait sur le choix du titre de son prochain roman où il sera beaucoup question du monde des collectionneurs de montres. Il apprenait à cette occasion à Oppel (qui en est pourtant encore au sablier) des termes horlogers, lesquels sont très spécifiques. Eric Halphen (c'est un scoop Tata) hésite en fait encore pour son titre entre "Le quantième perpétuel" et "Les grandes complications" (voir ici ce que c'est). Force était de constater, comme l'a fait remarquer Oppel, qu'il paraissait très remonté.

Apparition d'un inquiétant mouvement sectaire dans le polar français

Un neveu de ta Tata ayant ses entrées au RG lui a récupéré ce document inquiétant qui appuie des rumeurs alimentées depuis longtemps, sinon confirmées par des agissements récents : un mouvement sectaire s'étend dans le polar français consacrée à l'adoration... du train !  A sa tête un trio diabolique, Jean-Hugues "marre qu'on me prenne pour une marque de transport individuel" Oppel, Claude "cégète cheminot" Mesplède et le gourou illuminé au gaz Jean-Bernard Pouy, surnommé (forcément) El Loco, dont l'atavisme ferroviaire est bien connu. 
Si deux seulement peuvent prétendre à des tarifs préférentiels lors de leurs nombreuses pérégrinations hexagonales, on peut s'interroger sur ce qui les prend... Radicalisme ? Le mouvement se serait fédéré autour de leurs projets respectifs : Oppel, plus que jamais à vapeur qu'à voile, voudrait réussir une grille de mots croisés géante qui comprendrait toutes les gares françaises (avec le minimum de cases noires et sans acronymes bouche-trou), Mesplède envisage de publier un "dictionnaire mondial des chefs de gare cocus" (il aurait des difficultés pour trouver un éditeur sur ce créneau très spécifique) quant à Pouy (qui réalise régulièrement des apparitions en gare de Rosporden), il serait question "pour le polar français, enfin d'être dans le train de la modernité et de saluer par la syngtame et la catéchrèse quand ça arrive à l'heure et part au bon moment".
Il serait questions de "mess noir" aux buffets de gares et autres cérémonies avec incantations et fétiches en bois (photo) listant, en une litanie hypnotique façon boogie-woogie lent, les passages-à-niveau encore tenus par les rares garde-barrières encore existants. Pouy, que l'on dit de plus en plus fasciné par le chaos entropique de notre époque, militerait par ailleurs pour un "rétablissement du ticket de quai", au prétexte que ce serait aujourd'hui "le seul document qui garantisse que le quai sera bien là, à l'heure et au bon endroit. "
En tout cas, c'est pas le genre sales djeunes à démonter les caténaires, eux au moins...