Ca commence à tirer à boulets rouges dans le polar

Revenant de ce qui a été un agréable festival  à Villeneuve Lez Avignon sous l'égide de Gilles del Pappas (1), ta Tata se disait dans le train qu'à entendre des conversations ces temps-ci, à voir comment des plaques tectoniques polardeuses s'ébrouent, qu'il y avait comme un air du temps annonciateur d'un changement d'époque. Une impression assez forte, même. 
Et voilà que rentrée dans son Internette, elle découvre un article de Jérôme Leroy qui tape sur Fred Vargas et n'y va pas, loin s'en faut, avec le dos de la cuiller. Alors que certains le soupçonnent déjà d'avoir été le fameux et mystérieux Tutu Reporter tant décrié (ou tant adulé, c'est selon), voici que Jérôme Leroy brise à nom découvert une sorte de consensus mou d'un milieu ressenti comme moutonnier en ayant l'air d'assumer par avance ce qu'il va se prendre en retour et l'ambiance que ça va nous mettre dans les prés carrés. Oui, il se passe bien des choses depuis cette année : des voix discordantes s'élèvent, on voit apparaître une association qui veut se bouger et agréger les talents et disciplines diverses (Les Habits Noirs), le Poulpe est de nouveau plébiscité dans les dédicaces, les principes qui animent maintenant trop de salons et festivals qui sont devenus de simples FNAC à ciel ouvert sans plus-value culturelle ou intellectuelle sont remis de plus en plus en cause (car les auteurs suent trois jours pour que les libraires fassent leur année et valoriser la municipalité en échange finalement de quoi ? Pour quel message envers les lecteurs ? Ca commence sur ce sujet à pas mal couiner) : est-ce qu'il y aurait comme une envie revenue de rock n'roll ? Que le polar retrouve le goût de la baston, du débat et de la polémique, du mot qui cogne avec tous ses sens et efficacité ? Bref, comme une envie de d'action politique
Oui, c'est peut-être ce qui est en train de se passer. A ces éruptions de voix discordantes, on se dit que peut-être le temps de l'hyperabondance des romans passe-partout, désincarnés de l'esprit originel du genre se termine que l'époque est de nouveau à la crispation et au relevage de manches. 
Et comme ta Tata, elle aime la castagne, hé ben elle suit tout ça gourmandise et intérêt.

(1) Ta Tata est bien forcée de le reconnaître : c'était très sympa Villeneuve Lez Avignon (Elle te racontera ça avec des photos croustillantes ces jours-ci... Reviens sur le site !). Pourtant elle y allait dans ce festival avec quelques appréhensions qui lui étaient venues par des petits signes, comme ça, liées à des histoires de budget d'hébergement (voir ancien article). Et puis non c'était très bien : elle est parano ta Tata, sans doute. Mais elle va te raconter bientôt, un peu de patience...

2 commentaires:

Les moissonneuses a dit…

Chère Tata, puisque nous venons d'apprendre par une deuxième source qu'on nous soupçonnait d'être le défunt Tutu reporter, nous apportons ici un démenti officiel et parfaitement performatif: non, niet, nein, le fin binôme des Moissonneuses n'a rien à voir avec feu le sinistre délateur masqué.

susane a dit…

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